Innovation

Un an après le Hackathon 2015 : des nouvelles du projet « I Pill Good »

Du 18 au 20 mars aura lieu la 3ème édition du Hackathon Santé de Strasbourg, dont Sanofi est partenaire. La manifestation a révélé l’an passé des innovations marquantes, notamment le pilulier connecté I Pill Good, lauréat du prix iHealth. Retour sur un projet porté par Aurélien Chedevergne, responsable marketing chez Sanofi/Zentiva.

Aurélien Chedevergne

De quel constat est né I Pill Good ?

Prendre un médicament reste une contrainte pour les patients. En France, 1 malade sur 2 ne suit pas régulièrement son traitement, oubliant de le prendre ou le prenant au contraire plusieurs fois. Ce “défaut d’observance” touche essentiellement les actifs atteints de pathologies chroniques. Il provoque chaque année 8 000 décès et 200 000 hospitalisations.

Quelle solution avez-vous envisagée pour résoudre cette problématique ?

Des piluliers sécurisant la prise des médicaments existent, mais ils sont volumineux et destinés aux personnes sédentaires. Mon idée était de développer un modèle nomade, ludique, connecté au smartphone que possède la majorité des patients. Il devait  être discret, afin de ne pas stigmatiser les malades, et d’une utilisation accessible à tous.

Comment fonctionne-t-il ?

I Pill Good est un pilulier quotidien connecté à un smartphone qui accompagne les patients tout au long de leur journée. Il est facilement transportable et donc toujours à disposition. Il comporte 4 compartiments pour les différentes prises de la journée (matin, midi, soir, coucher). Le code couleur des compartiments permet de le remplir sans risque d’erreur. L’application smartphone, à l’ergonomie intuitive, est facilement paramétrable. Ainsi soit le smartphone, soit le pilulier, vibrent ou sonnent à l’heure prévue de la prise. Le patient valide sa prise via un bouton poussoir sur le pilulier ou sur son smartphone. En cas d’impossibilité de prendre le médicament – rendez-vous, réunion de travail… –, une fonction “snooze” de rappel de sonnerie, comparable à celle des réveils, peut être déclenchée.

Pourquoi avoir soumis le concept lors du Hackathon ?

C’était le lieu idéal pour le développer. Des compétences multiples et complémentaires s’y côtoient. Le fonctionnement du salon est stimulant : les porteurs de projet font un “pitch” devant 300 personnes, celles qui sont intéressées les rencontrent, les équipes constituées disposent ensuite de quelques jours pour donner corps à l’idée.

Comment les choses se sont-elles passées pour vous ?

J’ai pour ma part été aidé par deux designers, quatre développeurs informatiques, quatre pharmaciens et deux professionnels de santé. En trois jours, du vendredi au dimanche, nous avons réalisé un prototype avec une imprimante 3D et posé les grandes lignes de l’application.

Où en êtes-vous aujourd’hui en termes de développement ?

Le projet est désormais soutenu par les équipes “Open Innovation” de Sanofi. Trois pistes de design ont été soumises en interne à un panel d’utilisateurs. Une version bêta sera livrée fin mars. La totalité de la solution devrait être présentée en avril pour validation interne auprès de la direction. Nous avançons en parallèle sur le business-plan. La distribution se fera uniquement en pharmacie, car nous tenons à ce que le pilulier fasse l’objet de conseils d’utilisation que seuls les pharmaciens sont à même d’apporter.

Qu’avez-vous retiré de cette expérience ? Seriez-vous prêt à la réitérer ?

Le hackathon est devenu un formidable incubateur de projets, avec à la clé des aventures humaines et professionnelles enthousiasmantes comme celle vécue avec I Pill Good. Mon intérêt pour la manifestation reste intact !